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Si vous êtes tenté
par la grande aventure de l'autoédition, voici les 3 étapes à
distinguer :
La rédaction
Le travail est de longue haleine.
Dans notre cas, 15 mois avec une moyenne, entre le travail de
rédaction, les reprises et les corrections, de 3 à 4 heures par
jour… Quand même ! Mais si vous vous posez la question de
l'autoédition, c'est que votre travail de rédaction doit être déjà
bien avancé.
La production
Une fois le manuscrit en main,
vient la question de l'édition. Il faut choisir entre :
1. L'édition.
C'est la voix royale car l'éditeur
prend tout en charge, mais de loin la plus improbable. Pour 500
manuscrits proposés aux éditeurs, un seul sera effectivement publié.
De plus, dans le cas des témoignages et récits de mer, à moins de
s'appeler Antoine, De Kersauson ou d'avoir passé 9 mois dans un
radeau de survie, les éditeurs sont particulièrement frileux. Les
Vlimeuse et Alakaluff ont peut être trop défloré le sujet… Enfin, il
faut savoir que l'édition est tout sauf lucrative. Un livre récit de
mer se vendra aux alentours de 25€ et sera diffusé à 3 000
exemplaires si tout se passe bien. L'auteur touchera entre 5 et 10%
du prix de vente… Faites vos comptes, l'écriture n'est pas le
meilleur filon pour ceux qui veulent un travail bien rémunéré. Pour
information, un auteur sur cent en France vit de ses droits
d'auteur…
2. L'édition à compte d'auteur
L'auteur passe toujours par un
éditeur, mais finance lui-même les frais de production (voir
ci-dessous). Nous n'avons pas essayé, mais d'après ce que nous avons
lu, c'est une démarche à haut risque. Des éditeurs peu scrupuleux
exploiteraient la méthode pour faire payer un max aux auteurs naïfs
qui se retrouvent ensuite avec 5 000 exemplaires impossibles à
vendre.
3. L'autoédition
C'est l'option que nous avons choisie
: L'auteur prend le rôle de l'éditeur : correction, mise en page,
impression, promotion puis distribution. La démarche (en tout cas
pour nous) est passionnante, le livre devient un bébé que l'on fait
naître puis grandir. Par contre, c'est un métier à part entière. On
comprend mieux après une aventure de ce genre pourquoi les éditeurs
se font payer aussi cher. Le risque pour l'auteur éditeur est ici de
tomber dans l'amateurisme en faisant tout lui-même. Si la correction
ou la mise en page ne sont pas à la hauteur, les chances de succès
du livre s'en trouvent passablement réduites.
◊
Correction : Pour Histoires de partir; nous l'avons fait
corriger par nos amis et
parents ayant des "compétences littéraires". Au total, 10
personnes différentes
et pas moins de 20 relectures. C'est un énorme travail. Ca
serait à refaire, nous
utiliserions sans doute les services d'un correcteur
professionnel
◊
Mise en page : Un roman
simple pourra être mis en page par l'auteur s'il
maîtrise bien un logiciel de traitement de texte. Mais si
elle est un peu
complexe, le recours à un professionnel est indispensable.
Dans notre cas, la
facture de notre maquettiste s'est montée à 1 750€
◊
Impression : A moins de faire un tirage à moins de cent
exemplaires, point de
salut, il faut passer par un imprimeur. Nous avons fait
imprimer 4000 exemplaires
pour 12 500€ (464 pages dont 16 de photos et un papier assez
haut de
gamme)
La promotion
/ distribution
Lorsque le livre est
sorti des presses, il faut le faire savoir et le distribuer. Là
aussi, c'est un métier. Dans notre cas, Marie y passe 5 à 6 heures
par jour. La promotion implique de contacter les journalistes. C'est
un sport qui demande pratique et opiniâtreté.
1. Presse papier
Cela dépend vraiment des
journalistes. Parfois les relations sont très sympas, d'autres fois
on a le sentiment d'avoir à faire à des divas qui ont beaucoup de
mépris pour ces petits auteurs.
2.
Presse Radio
Le contact est plus facile
et les journalistes sont en général dispo : une chronique hebdo,
c'est consommateur de sujets !
3.Presse TV
Là, on est dans le monde
du showbiz, le gars si sympa devant la caméra peut se révéler être
un chien lorsqu'on arrive à le contacter en direct : "J'ai pas le
temps. Des livres, j'en reçois plein, vous verrez bien si nous
annonçons ou pas votre bouquin…". Sympa l'oiseau de Thalassa…
Les choses
concrètes commencent ensuite avec la distribution : 3 "tuyaux" sont
à la disposition de l'auteur distributeur :
◊
La distribution directe :
L'auteur court les salons, fait des
conférences pour
vendre directement son livre à ses lecteurs. La démarche est sympa
car les
échanges sont riches, mais distribuer ainsi 3 000 livres relève du
sacerdoce. Il
ne faudra compter ni son temps, ni les kilomètres…
◊
La distribution directe :
Les libraires sont en général
enclins à mettre un
nouveau livre dans leur rayon. Le plus souvent pour un auteur
autoédité, il le
prendra en dépôt vente : le livre n'est payé que s'il est
effectivement vendu.
Dans le cas contraire, il sera retourné à l'auteur. Pour l'auteur
autoédité, la
prospection des librairies est également un gros travail. Il faut
les contacter une
à une.
◊
La
distribution sur Internet :
Acheter sur Internet entre de plus en plus dans
les habitudes, en particulier pour les livres. Donc sans aucun
doute, un bon
système de revente pour un ouvrage autoédité. Dans notre cas, nous
vendons
la moitié de nos livres sur notre site. Par contre, faire un site
suffisamment
professionnel pour convaincre et rassurer les éventuels acheteurs
implique aussi
des vraies compétences. De même, faire en sorte qu'un site soit
bien référencé
relève de connaissances assez pointues.
Quelques superlatifs pêle-mêle
◊
Le meilleur
conseil : Se méfier du "succès d'estime"
Les manuscrits des auteurs en herbe bénéficient toujours de
commentaires
positifs. Vos amis et parents vous dirons sans doute : "Ce que tu
écris est
super, tu devrais en faire un livre". Le succès d'estime est une
condition
nécessaire mais non suffisante à la décision de l'autoédition.
Méfiance, car bien
souvent, les personnes qui ont des critiques négatives se taisent,
laissant ainsi
l'impression que le manuscrit a plu a tout le monde… Avant de se
lancer dans
l'autoédition, mieux vaut prendre l'avis de professionnels
(libraires, éditeurs,
journalistes…).
◊
Les meilleurs souvenirs de notre
"histoire d'écrire"
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La découverte du 1er livre imprimé
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Et surtout chaque commentaire de lecteur du genre "J'ai adoré votre
livre, il m'a amusé, fait rêver et aidé dans mon projet de croisière
sabbatique, Merci" (Cf. "Ce que les lecteurs en disent")
◊
Les moins bons souvenirs
▪
Les doutes qui assaillent forcément un autoéditeur pendant la longue
gestation d'un livre
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Tous les retards accumulés au
cours de la mise en page et de l'impression
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Le meilleur
avertissement
Les autoéditeurs
comprennent vite qu'ils vont beaucoup travailler et dépenser
sans aucune garantie de succès. Par contre, ils
ignorent souvent qu'en faisant
imprimer 3 000 exemplaires ils auront 6 palettes à
stocker dans leur garage ou
séjour, aussi longtemps qu'ils n'auront pas épuisé leur
stock…
◊
Pour aller plus
loin
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L'extrait d'Histoires de Partir sur sa genèse :
▪
Les livres qui nous ont aidés : "L'auteur en Liberté" de Claude
Vallier aux éditions Michel Eyquem et "Publier son livre" de N.
Delecourt et L. Happe-Durieux aux éditions du Puits Fleuri
▪
Le site de Serge Potteck qui a également écrit un guide sur
l'autoédition :
http://www.schemectif.net/Auto-edition/Guide.html
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