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Le monde du silence
Passe-temps de marin - Marin-pêcheur
Cet article est
issu de la rubrique "Passe-temps de marin" qui aborde les différentes
activités des plaisanciers au long cours. Il est question ici de la
pêche sous-marine, une activité à part entière sur un bateau en
croisière sabbatique.
Faire de bonnes chasses
sous-marines, demande non seulement un instinct de braconnier, mais
aussi un équipement minimum indispensable à bord d'un bateau de grand
voyage. Il sera la garantie de pêches fructueuses et de plus, il est
important pour le statut social du grand voyageur. Sous les tropiques,
un navigateur sans un attirail de chasse sous-marine n'est que la moitié
d'un marin. Il aura d'ailleurs beaucoup de mal à gagner la considération
de ses pairs, cow-boys sous-marins en grande majorité.
Palmes, masque, tuba
Si vous êtes un plaisancier normalement constitué, vous avez forcément
prévu une paire de palmes, un masque et un tuba. Par contre, oubliez le
kit offert par votre mère lorsque vous avez appris à nager. Le matériel
de plage se révèle vite inapte face aux exigences de la chasse
sous-marine.
Fusil harpon
L'équipement le plus important est évidemment le fusil harpon. Pas de
chasseur sans fusil. Paradoxalement, la précieuse arme est difficile à
trouver dans les îles. Mieux vaut l'acheter en métropole. Le choix est
vaste. Privilégiez les grands modèles, votre frustration sera moins
grande si vous loupez une prise et vous ne pourrez accuser votre avarice
d'être la cause de vos chasses médiocres. Prenez également, un modèle
avec flèche inox. Les autres types de flèches rouillent et votre
« vielle pétoire toute rouillée » sera vite l'objet des sarcasmes de vos
collègues. Beaucoup de bateaux sont équipés de deux fusils : un petit,
plus maniable pour tirer les langoustes dans leur trou et un grand, plus
puissant et précis pour les poissons en pleine eau.
Combinaison
L'accoutrement des chasseurs sous-marins est très variable. Les petits
joueurs, comme moi, plongent en maillot, les vrais chasseurs ont des
tenues de plongée complètes. Les combinaisons ont le double avantage de
protéger du froid, (même dans l'eau à 26°C, le froid se fait sentir) et
d’éviter nombres de petites blessures car pris dans le feu de l'action,
vous raserez fréquemment les récifs et coraux. Si ces coraux sont des
brûlants, leur substance chimique ajoute à l'égratignure une souffrance
cuisante. Pour cette même raison, une bonne paire de gants est
indispensable. Au sujet des combinaisons, le bon compromis pour les
plongées en mer chaude est sans doute le shorty, cette combinaison
légère laissant la moitié des bras et des jambes nus. Mais pour les
navigations sur plusieurs années, même sous les tropiques, vous
traverserez forcément des mers plus froides, la combinaison complète est
alors précieuse.
Attirail complémentaire
Enfin, tout un attirail vient compléter le kit du parfait plongeur. Il
commence par la ceinture de plomb sans laquelle, avec votre combinaison,
vous flotterez telle une baudruche sur l'eau. Moins indispensable, mais
rassurant, il continue avec le poignard susceptible de vous libérer d'un
filin piège ou de vous défendre contre les dents de la mer. Certains
amateurs émérites se munissent de filets pour y placer leur gibier.
Étant piètre plongeur, je me passe du filet et préfère ramener
directement les prises dans mon annexe. Je suis certain ainsi qu'aucun
requin ou barracuda ne viendra renifler les prises agonisantes attachées
à ma ceinture.
Sauf si vous êtes allergique
à la chasse sous-marine, vous regretterez amèrement d'avoir un masque
qui fuit ou un fusil harpon tirant dans les coins. N'hésitez pas à
investir dans du matériel de qualité. Pour finir, sachez que la chasse
sous-marine demande aussi une bonne pratique, sportive d’abord afin de
rester plus longtemps sous l'eau et technique ensuite, afin d’identifier
les poissons comestibles et de repérer une langouste invisible dans son
trou. L'essentiel de cette pratique est d'ailleurs d'être capable de
mettre la tête dans un trou noir, la tête en bas par cinq mètres de
fond. Ce même trou qui ressemble étrangement à celui dans lequel vous
avez vu un peu plus tôt une murène dont la gueule patibulaire était plus
grosse que votre cuisse. Peu à peu vous deviendrez ainsi un véritable
prédateur sous-marin, prédateur au sens noble du terme, celui qui chasse
pour manger. Car au-delà du plaisir ou de l'activité sociale, la chasse
sous-marine a un vrai rôle alimentaire, plus que la pêche à la traîne,
elle permet de mettre des aliments protéinés, frais et variés dans votre
assiette et celles de vos enfants.
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