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Partir....
Qui n’a pas rêvé un jour de partir ? Dans mon dictionnaire, la
définition est brutale : « Quitter un lieu, se mettre en route ». Pour
moi, ce mot évoque bien plus. Partir c’est aller vers autre chose, vers
d’autres pays, vers d’autres gens. Bref, partir sous-entend aller à
l’aventure, sans savoir exactement ce que l’on va vivre ensuite. C’est
justement pour éclairer le lecteur sur ce qui l’attend que Marie et
Hervé ont écrit ces « Histoires de Partir ».
Le plus difficile, avant de partir, est de décider de quitter. Quitter
son travail, ses parents, ses amis, son confort, l’école des enfants.
Voilà une étape que beaucoup redoutent et ont du mal à franchir. C’est
peut-être pour cela que mon dictionnaire a commencé à définir « partir »
par « quitter ». Pourtant, se mettre en route, partir à l’aventure, au
gré des vents et de ses envies, donne un sentiment de liberté à nul
autre pareil et permet d’aller vers les autres en dirigeant soi-même sa
vie, plutôt qu’en se laissant diriger par les contraintes terrestres.
Si « Histoires de Partir » raconte les joies du voyage en voilier, il
n’occulte pas les désagréments liés à cette vie et ils ne sont pas
forcément ceux auxquels le lecteur s’attend ! C’est aussi un guide car,
en plus des nombreuses anecdotes de cette croisière, on y trouve des
recettes de cuisine (moi j’aime bien le barracuda au curry !), des
petites leçons de navigation et surtout des tas de réponses aux
questions que les candidats au partir se posent sur des sujets aussi
variés que le mal de mer, la gestion des paperasses à terre, l’école des
enfants, l’argent, la sécurité, la promiscuité, le choix du bateau, les
moyens de contact avec les proches, le retour etc.
J’ai l’honneur de préfacer ce livre car je suis parti cinq fois autour
du monde en course ou en record. Mais cela, c’est l’aspect médiatique de
ma carrière de voileux ! Ce qui m’a fait rêver et poussé à faire de la
voile, ce sont les récits des Slocum, Gerbault, Bardiaux et autres
Moitessier. Ce sont eux qui m’ont donné le virus, l’envie de partir moi
aussi en balade. Aujourd’hui, je vais délaisser petit à petit la
compétition pour revenir davantage aux plaisirs de la croisière. Avoir
autant parcouru la planète sans escale m’a beaucoup frustré ! Aussi, si
j’entame un sixième tour du monde, celui-ci comportera un maximum
d’arrêts hors des chemins touristiques. Et j’emporterai « Histoires de
Partir » dans ma bibliothèque du bord !
Bon vent à tous les lecteurs !
Jean-Luc Van Den Heede |